Singular story of the cow

peinture sur vachette en résine - acrylique, stylo bille, papier de soie marouflé sur vache en résine 15 x 20 cm - juin 2016

Travail réalisé dans le cadre de l'exposition collective "Parade des Vaches en Ville", 15 artistes pour 15 vachettes.
Maison de la culture de Saint Yriex la Perche, été 2016

La tête appartient à Athor, car il fut un temps où le monde animal était perçu comme l'expression du divin et des esprits qui nous entourent. Les bovidés et leurs cornes majestueuses avaient une place de choix dans ces panthéons primitifs comme on peut le constater au village néolithique de Catal Hüyük en Anatolie.

Le flanc gauche, celui qui nous fait face, raconte l'épopée d'Europe. La belle princesse phénicienne est enlevée par Zeus qui, pour la séduire, apparaît sous les traits d'un taureau blanc. Europe monte sur son dos et le taureau s'enfuit avec elle, par-dessus la mer, jusqu'aux rivages de Crète. Là, protégés par une végétation toujours luxuriante, ils vivent un amour d'où naîtront trois enfants. Après quoi, Zeus délaisse Europe qui est recueilli par Astrion, chef du peuple crétois. Il adopte les trois garçons, dont l'aîné n'est autre que Minos.
En hommage à Europe, la princesse qui accepta de vivre dans ce pays inconnu loin de sa Tir natale, les anciens donnèrent son nom à un quart du monde connu, aujourd'hui notre continent.
Deux allusions sont faitent à notre actualité.
Europe est une migrante forcée venue des côtes libano-siriennes.
La représentation que j'ai choisie ici d'Europe sur le taureau blanc est celle de la pièce de deux euros grecque : omnipotence de l'économie financière dans nos sociétés.

Le flanc opposé célèbre l'aboutissement de cette omnipotence. De sacré, l'animal devient marchandise, pièces de viande à consommer. Au centre, telle une icône, la boite de corned beef incarne la réussite économique et réduit l'animal à une simple évocation. La vache y a d'ailleurs perdu ses cornes, mais c'est pour la bonne cause de la rentabilité.

Heureusement, la vie est cyclique et en finissant le tour de cette ronde-bosse, nous retrouvons le visage sacré d'Athor, qui n'a peut-être pas dit son dernier mot.